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Wale – The Gifted (Chronique + Streaming)

Il était attendu au tournant. The Gifted était annoncé comme déterminant dans la carrière de Wale: allait-il redevenir ce que ses fans de la première heure espéraient, le sympathique MC de Washington, entouré de 9th Wonder, des Roots et Mark Ronson, ou définitivement devenir un des principaux noms de l’industrie du disque, adoptant un swagg coûteux à l’arrière d’une Maybach  en compagnie de ses dawgs du MMG ? Car Ambition avait engendré toutes sortes de critiques, le rappeur de D.C n’étant plus le même, tout en étant resté le même. Il fallait donc attendre un troisième album pour que certains aient la confirmation qu’il ait vendu son cul, qu’il soit resté le génie d’avant pour d’autres, ou encore les deux, qu’il ait su rester un génie en major.

C’était pourtant mal parti. « Le Doué », présenté avec une pochette comprenant une statue du mec, avec des liasses, des big tits et du bling bling, commençait déjà à dauber le Based On a T.R.U Story avec plus de talent, bien évidemment. On entendait déjà gueuler « Putain voilà, ça y est le mec se sent plus pisser et se prend pour un dieu ». Mais on peut imaginer ces gueulards se détendre un bon coup quand les deux mecs, au tout début de la superbe intro The Curse Of The Gifted nous sortent  » C’est quoi ce bordel ? (…) qu’est-ce que ce négro a fait pour avoir une putain de statue ? Pour qui il se prend ? » On comprend alors que c’est un oeil lucide que Wale jettera sur la fast life.

The Gifted tient donc la route niveau lyrics, il y a du bon sens dans Gullible, Simple Man, Vanity ou encore Golden Salvation, Jésus étant très à la mode dans le Hip-Hop depuis un petit moment. Mais c’est aussi là que Wale déçoit. Il est trop fier de ses rimes, qu’il balance avec trop de suffisance au lieu de lâcher des phases de ouf avec son flow stratosphérique. Montre nous vraiment ton talent avant de te prendre pour un génie accompli.

Mais le fait qu’il ait favorisé le travail autour des instrumentales et de la musique apporte un vrai bon point à The Gifted. Wale est derrière toutes les productions, et a choisi précisément qui jouerai quel rôle dans la réalisation de l’album. Il en a fait SON album, très personnel et représentatif de lui-même. Et encore une fois, on a droit à un album très varié, allant de la pop ( LoveHate Thing, Bad ) à des collaborations sudistes ( Bricks, avec un Yo Gotti qu’on a connu moins bon), en passant évidemment par du Hip-Hop plus académique (Clappers et Rotation ). On retrouvait déjà ce pluralisme musical ( on emploie des mots de barbares hein ?) sur Attention Deficit et Ambition, qui étaient tout aussi mainstream. Allldo Records ou MMG, Wale a pas (trop) changé la formule.

Le MM’Genius (on peut quand même l’appeler comme ça) a aussi voulu tout au long de l’album cette ambiance soul, légèrement funky et très élégante que l’on doit à Stokley Williams. Car on ne retrouve pas les fidèles du MMG (J.U.S.T.I.C.E. League, Beat Billionaire) mis à part Lee Major.

L’album est donc très bon dans son ensemble, on retrouve l’excellent 88 avec une prod magique de Just Blaze, une nouvelle version de Heaven In The Afternoon avec un couplet de Meek Mill, les deux versions de Bad, le planant Rotation avec l’omniprésent Yung Khalifa et un hook mega-mainstream typique du MMG, celui de Ne-Yo sur Tired Of Dreaming, où on note la présence logique mais loin d’être transcendante de Rozay.

The Gifted, une tuerie donc, par son originalité et sa singularité. Et si c’était à chier, il n’y aurait pas eu pour la première fois trois albums de hip-hop restant dans le top 3 du Billboard pendant trois semaines consécutives. Car ouais, avec les sorties tonitruantes de Yeezus et Born Sinner, Wale s’est pas pissé dessus à la Fabolous en repoussant son album comme une fiotte. Il a même gratté Mac Milly.

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