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A$AP Ferg – Trap Lord (Chronique + Streaming)

Dernière dinguerie de chez  A$AP Mob en date. Après l’excellente Lord$ Never Worry  où il s’était déjà démarqué et le classique de son pote A$AP Rocky sorti en début d’année, c’est au tour d’A$AP Ferg d’arriver dans le game. Comme une balle. Profitant de la popularité de Rocky pour attirer l’attention autour de son premier album, Ferg met davantage le crew harlémite en avant avec Trap Lord.

           A la différence de SchoolBoy Q qui espère faire aussi bien que K-Dot avec Oxymoron, pour faire un parallèle avec les Black Hippies, Ferg s’est pas pris la tête à vouloir égaler le succès de Rocky. Il a sorti un album comme il l’entendait, a exposé son univers sans trop se poser de questions. C’est pas vraiment son genre.

    Son genre à lui, c’est la Trap Music, qui n’est plus un genre exclusivement sudiste. Dès la première piste Let It Go, ou encore Shabba avec Rocky et Work en version featured (qui sont les titres les plus puissants de l’album), les lourdes basses et les beats musclés te fracassent le crâne et se gravent irréversiblement dans ton lobe temporal. Cette violence sera la ligne directrice de l’album, qu’elle traverse de l’égotrip Fergivicious à Murda Something avec Waka Flocka Flame.

    On remarque avec cette violence que le personnage de Trap Lord est plus ou moins paradoxal. On a du mal à croire que le gaillard s’est lancé dans des études d’art et ouvert une boutique de fringues avant que Rocky ne l’enrôle dans le rap. Les thèmes de l’album étant l’argent, la drogue, les putes, les armes et les meurtres (seule la religion n’est à la limite pas diabolisée), on saisit bien l’appellation de Trap Lord. Mais comme il l’explique lui-même dans une interview accordée à XXL (il a longtemps hésité avec EDGM mais on était surbookés), si on l’appelle Trap Lord, c’est pour son perfectionnisme et son sens inné pour vendre. Le terme « Trap » dans son cas ne se limite donc pas à « dealer » dans le sens de la bicrave  mais vendre absolument tout. Le titre vantard révèle donc plusieurs facettes chez Ferg.

    Si Trap Lord est donc destiné à être vendu, c’est sans le choix d’une énorme liste d’invités. Hormis ceux déjà cités, on retrouve SchoolBoy Q sur le remix de Work, ainsi que French Montana qui s’est encore une fois de plus perdu dans le décor sans que même lui ne sache comment il a atterri là. On retrouve aussi les vétérans de Bone Thugs-n-Harmony qui kickent comme des marteaux quasiment tout au long de Lord.

         Le paradoxe de Ferg se retrouve aussi sur ce qui fait sa singularité : ses obscénités prononcées par un phrasé magique et un flow parfois brut, parfois volatile, allant même jusqu’au chant avec son élocution et sa voix de jamaïcain. Les très sombres Hood Pope et Cocaine Castle sonnent ainsi comme des mélodies qui dissimulent le côté hardcore du emcee.

        A$AP Ferg nous livre un Trap Lord très obscur à l’ambiance lugubre créée par de talentueux inconnus comme Frankie P, Snugsworth, Ozhora Miyagi et d’autres, et dont l’agressivité  peut être un peu lourde. Un album qui nous plonge davantage dans l’univers d’A$Ap Mob et impose autoritairement le nom de Ferg dans le rap new-yorkais jusqu’à chez nous, que ce soit en Europe ou dans nos étoiles pourtant quasi inatteignables.

Enjoy sur EDGM, et oublie pas la page FB et le Twitter tu seras mignon.

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