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Kid Cudi – Satellite Flight : The Journey To Mother Moon (Chronique)

On savait que Kid Cudi allait bientôt lâcher un EP et qu’il ne nous préviendrait que 24 heures à l’avance. Sur un coup de tête le soir du 24 février il tweete que l’album est disponible sur iTunes. Boum. Comme ça, sans explications. Hop, roulage de joints et paré pour le retour dans l’espace.

Après quelques écoutes, le même sentiment qu’après celle d’Indicud : des très bons morceaux, des très gros WHAT THE FUCK.

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Indicud avait énormément divisé les Cudi-fans, qui s’attendaient à un opus dans la continuité de ses deux premiers albums, alors que le Kid a définitivement pris une autre direction artistique. Fini GOOD Music et les beats de Kanye, Emile Haynie, Plain Pat et No ID ; Cudi affirme son identité artistique et produit la majorité des sons.

On reconnait donc la patte de Kid Cudi dès l’intro de Satellite Flight, qui rappelle instantanément l’ambiance spatiale et sombre d’Indicud. On enchaine sur le single Going To The Ceremony, sorti cet été. Cudi n’a donc pas lâché son délire pop rock et nous ressert un titre estampillé WZRD, à notre grand désespoir. Satellite Flight, le deuxième single, replace la barre très haute dans les étoiles. On retrouve le délire spatial de la série Man On The Moon et les recettes qui ont fait le succès du Kid : une mélodie profonde, des paroles sincères avec une touche d’espoir et un flow toujours aussi unique.

Pourtant, au lieu de continuer sur sa voie, Cudi répète les mêmes erreurs que sur Indicud, avec le track suivant : Copernicus Landing, qui est un morceau instrumental, aucunes paroles. Et pas une instru à la Kanye West qui te retourne le cerveau et change de mélodie et de tempo en te racontant une histoire, là c’est juste une boucle sur laquelle il ne pose pas. Mais Balmain Jeans fait oublier cette erreur, et on remercie à nouveau Mr Rager pour cette magnifique love song dont il a le secret. On arrive au meilleur morceau du disque : Too Bad I Have To Destroy You. Un morceau sombre qui nous plonge dans les pensées torturées de l’artiste et ses sentiments face aux critiques. Une rancœur accentuée par le flow rappé/marmonné, les lyrics sans concessions : « middle finger up to the people who don’t like you/ Who have no valid reason to say they never liked you » et une prod très dark.

Kid Cudi continue sur sa lancée avec Internal Bleeding, un morceau encore plus torturé pour celui qui n’a d’autres choix que de reverser sa douleur dans sa musique, après ses échecs sentimentaux, sa dépendance à la drogue, la célébrité et les critiques.

En trois morceaux on se croyait sauvé des errances artistiques de Cudi, mais les vieux démons d’Indicud reprennent le dessus, et ce sont DEUX morceaux totalement instrumentaux qui se succèdent ! Alors oui, les prods sont bonnes, et le pire c’est que Cudi aurait surement pu tuer le beat avec de vrais couplets, mais il se contente de nous refiler les prods, à nous d’imaginer le reste. Le dernier morceau est Trouble Boy. Cudi a choisi une ambiance calme et planante sur laquelle il fredonne d’un air blasé, puisque personne ne veut prendre la peine d’aider un mec aussi paumé que lui « No one wants a trouble boy ». Le morceau se termine par un « Good bye » lâché en fin de mesure, qui clôt presque sèchement ce disque de 10 titres.

Qu’en retenir ? Que Kid Cudi est toujours capable du meilleur comme du pire. Et que pour apprécier sa musique, il ne faut surtout pas la comparer à celle qu’il a créée sur ses deux premiers albums.

Il ne reste plus qu’à prier pour que Kid Cudi oublie les morceaux vides de paroles et les sonorités pop rock pour Man On The Moon III, car le génie est toujours là.

 

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